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29.01.2016

Pourquoi les femmes sont-elles moins bien rémunérées que les hommes dans les trois fonctions publiques ?

C’est la question que se posent les trois auteurs de cette étude du Centre d’études de l’emploi : Chloé Duvivier, Joseph Lanfranchi et Mathieu Narcy. L’objectif de l’étude présentée ici est d’identifier et de quantifier les principales sources des inégalités de rémunération totale parmi les agents titulaires, masculins et féminins, en distinguant fonction publique d’État (FPE), fonction publique hospitalière (FPH) et fonction publique territoriale (FPT).
Le postulat de départ est le suivant : alors que le statut général des fonctionnaires impose le principe d’égalité entre femmes et hommes et que le salaire des agents titulaires est indexé sur une grille indiciaire, les agents masculins perçoivent, en moyenne, en 2010, une rémunération mensuelle totale nette supérieure de 18,9 % à celle de leurs homologues féminines, soit 365 euros de plus par mois.
Quelques raisons évoquées par les auteurs :
- pour la fonction hospitalière, contrairement aux fonctions publiques d’État et territoriale, les différences en termes d’âge expliquent presque la moitié des inégalités de salaire dans la FPH ;
- la ségrégation professionnelle est la première source de l’écart de rémunération au sein de la FPE et de la FPT. La faire disparaître permettrait ainsi de réduire l’inégalité salariale de plus de moitié dans la FPE et de moitié dans la FPT (tableau 3).
Cette ségrégation peut être tout à la fois « horizontale » (inégale répartition entre ministères pour la FPE et entre filières pour la FPT) et « verticale » (inégal accès à la catégorie A+, à certains corps et, à l’intérieur d’un même corps, aux grades les plus élevés). L’importance respective de ces deux formes de ségrégation dans l’écart de rémunération diffère entre les fonctions publiques d’État et territoriale.
Au sein de la FPE, l’inégale répartition des hommes et des femmes entre les catégories, et plus particulièrement la sous-représentation de celles-ci dans la catégorie A+, explique presqu’un cinquième de l’écart de rémunération, alors qu’elle ne constitue pas une explication des inégalités de salaire observées au sein de la FPT.
La ségrégation professionnelle « horizontale » explique une part plus importante de l’écart de rémunération au sein de la FPT (22,6 %) que de la FPE (12,5 %). Au sein de la FPT, c’est la très forte sous-représentation des femmes dans les deux filières les plus rémunératrices (incendie-secours et sécurité-police municipale) et leur surreprésentation dans la filière sociale, peu rémunératrice, qui sont à l’origine du poids de la ségrégation horizontale. Au sein de la FPE, celle-ci provient, d’une part, de la surreprésentation des femmes dans les ministères du Travail et de l’Éducation nationale, deux des six ministères les moins rémunérateurs, et, d’autre part, de leur sous-représentation dans les trois ministères les plus rémunérateurs (Affaires étrangères, services au Premier ministre, Économie).
Lire Pourquoi les femmes sont-elles moins bien rémunérées que les hommes dans les trois fonctions publiques ? Chloé Duvivier, Joseph Lanfranchi, Mathieu Narcy, Centre d’études de l’emploi (CEE), numéro 127 de Connaissance de l’emploi.

http://bit.ly/20g9uFF

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