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18.12.2012

L’addiction à internet rend les jeunes dépendants

Chez certaines personnes, l’usage excessif d’internet modifie le fonctionnement du cerveau et atrophie certaines zones cérébrales

L’addiction à internet concerne 17 % des adolescents en Chine, 25 % aux États-Unis et représenterait de l’ordre de 6 % en population générale. En Allemagne sont dénombrés

1 million d’addicts ; des études chiffrées manquent en France.

De quoi s’agit-il ? La dépendance à internet est une dépendance comparable à celle que l’on peut observer avec les drogues, l’alcool ou le jeu. On y range plusieurs composantes : le temps passé sur internet, les modifications de l’humeur, la tolérance ou besoin d’augmenter les doses, le syndrome de manque ressenti après un arrêt, et la tendance aux rechutes.

Les principales études réalisées récemment ont été chinoises. En 2011, une première étude sur le cerveau d’addicts montrait une atrophie de certaines zones cérébrales telles le cortex préfrontal. En gros, la pratique pathologique d’internet réduirait les capacités de contrôle inhibiteur (savoir patienter, résister à une stimulation, ne pas agir de façon impulsive).

 

En janvier 2012, une autre étude chinoise révélait une réduction de la substance blanche dans le cerveau, c’est-à-dire des câbles neuronaux permettant aux différentes zones cérébrales d’interagir, là encore pour le raisonnement planifié et le contrôle des impulsions.

Ces études anatomiques prédisaient donc des signes d’impulsivité et de manque de contrôle inhibiteur chez les patients. C’est ce que viennent d’observer d’autres chercheurs chinois, dans des tests de comportements sur des jeunes dépendants à internet et spécialement aux jeux en ligne, qui y consacrent en moyenne 11 heures par jour. Dans des tâches de décision où il faut appuyer sur un bouton pour faire la différence entre un élément de jeu en ligne et un objet quelconque, ces personnes réagissent trop vite, n’arrivent pas à refréner leurs impulsions, et commettent beaucoup d’erreurs, confondant des objets courants avec des objets de jeux en ligne.

 

Ce syndrome fait donc apparaître une attraction automatique vers le monde virtuel et une tendance à l’impulsivité, notamment une difficulté à prendre son temps pour réfléchir et optimiser ses décisions, le tout étant corrélé au nombre d’années d’addiction.

 

Nous sommes donc en face d’un nouveau type d’addiction, qu’il est question d’introduire dans la nouvelle version du manuel diagnostic des maladies mentales, à paraître en 2013.

Source : Sébastien Bohler, pourlascience.fr/Onisep Languedoc-Roussillon/14dec12

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