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08.06.2010

Coline Erlihman : "Les filles réussissent en général mieux que les garcons dans les études"

La délégation régionale aux droits des femmes et à l'égalité (DRDFE) lutte activement contre les inégalités encore existantes entre hommes et femmes. Grâce à différentes actions, elle encour age les jeunes filles et les femmes à se projeter davantage dans l'avenir et à être plus ambitieuses dans leur choix professionnels mais également les garçons à s’ouvrir à des métiers où ils sont peu présents. Entretien avec Coline Erlihman, déléguée régionale de la DRDFE de Montpellier.

Midi Libre : On dit qu'aujourd'hui les femmes sont mieux intégrées dans la vie professionnelle. Etes-vous d'accord avec cette affirmation ?

Coline Erlihman : En près de 40 ans, le nombre de femmes insérées dans le monde professionnel a doublé et elles sont plus présentes aux postes à responsabilités. Mais elles sont encore beaucoup moins nombreuses que les hommes et ont souvent des emplois à temps partiels ou en travail précaire. Pourtant, elles ont de plus en plus accès à l'éducation.  Ce mouvement s'est accéléré  après 1945. En effet, les femmes travaillaient pendant que leurs maris étaient à la guerre et ensuite elles ne sont pas retournées s'occuper uniquement du foyer. Les femmes ont de tout temps travaillé, aux champs ou en aidant leur mari mais l'emploi en entreprise commence à la période d’après-guerre.  L’accès des filles à l'éducation supérieure, ce qui n'était pas le cas avant, a permis qu'elles soient aussi formées. Elles réussissent en général mieux que les garçons dans les études.

Midi Libre : Si l'ont veut que les mentalités évoluent davantage, quelles sont les mesures à prendre ?

C.E : Je pense qu'il faut que tout le monde s'y mette : enseignants, parents, médias, politiques… C’est dès le plus jeune âge qu’il faut agir pour lutter contre les stéréotypes.  Un exemple : les magazines de jouets qui font une différence filles-garçons. Sans que cela soit volontaire, les familles mettent souvent plus d'ambition sur leur garçon que sur leur fille. Les femmes d’elles-mêmes ont une moins grande confiance en elles quel es hommes. Elles arrivent moins bien à négocier leur salaire, elles peuvent aussi être moins ambitieuses ou en tout cas moins affirmatives dans leur volonté. Cela se voit dans la sphère professionnelle, dans l'évolution de carrière ou même dans l'orientation. Un garçon qui a 12 de moyenne en seconde n'hésite pas à faire une filière scientifique, alors qu'une fille avec 15 de moyenne se demande si elle pourra y arriver. Il faut donc améliorer la prise de confiance des filles, les faire travailler sur l'expression orale, la communication, et sur l'image d'elles-mêmes. Les écoliers de Lavérune par exemple ont créé un journal sur l’égalité hommes-femmes.  Je trouve ce travail sur les représentations des filles et des garçons très intéressant.

Vous réalisez diverses actions pour défendre l'égalité homme-femme, comme le Prix de la Vocation scientifique et technique des filles, ou encore le contrat pour l'égalité professionnelle. Quel est l'intérêt de participer, en tant que partenaire, au jeu-concours " l'avenir s'imagine !" ?

C.E : L'intérêt est que tout ce qui contribue à éveiller les jeunes à cette conscience d'égalité entre garçons et filles nous intéresse et nous paraît indispensable. Dans le cadre du concours " l'avenir s'imagine !" les joueurs inventent les métiers de demain dans un monde où l'égalité entre les femmes et les hommes est réalisée. C'est un défi et puis c'est faire appel à l'imagination des jeunes et à leurs interrogations pour essayer de construire un monde, d'avancer sur cette cause de l'égalité et de se questionner sur des inégalités encore existantes.  

 

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