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02.11.2009

Carcassonne : Spanghero s'engage à offrir du travail à une quinzaine de jeunes

"Quand je vois qu'il y a 1 300 chômeurs dans la région de Castelnaudary, alors que dans des métiers nous manquons de main-d'oeuvre, ça me rend malade" déclarait Laurent Spanghero qui participait, vendredi soir, avec une bonne dizaine de chefs d'entreprises, à la cession "L'entreprise, on en discute".

Il précisait : "Oui, la crise impacte sérieusement l'emploi des jeunes. Et pourtant, il y a des secteurs d'activités qui ont du mal à trouver des gens qualifiés. Je peux en citer deux : le secteur de l'hôtellerie et du tourisme et le secteur de la boucherie, charcuterie, traiteur et volaille. Pour ce dernier, je me suis donc engagé auprès des jeunes à leur garantir un travail s'ils acceptent de se qualifier. Il nous faudrait 12 à 15 jeunes pour commencer sur Castelnaudary. Avec des solutions à déterminer avec la CCI, sachant que les usines Spanghero pourraient servir de lieu d'apprentissage".

La boucherie mieux payée que le bâtiment.

Les propos de celui qui se qualifie comme un "ancien jeune (qui a) envie de faire" ont assurément "impacté" la trentaine de candidats, âgés de 16 à 25 ans, s'étant rendus en fin de semaine dans les locaux de la pépinière d'entreprises abrités par la CCI. Les bas salaires pratiqués dans la boucherie, ainsi que dans la profession de la restauration (plus les horaires à rallonge), seraient-ils les éléments déterminants pour expliquer la pénurie de main-d'oeuvre sur ces secteurs, et cela malgré la grave crise économique dans laquelle nous nous trouvons ? (Lire encadré). Laurent Spanghero : "Chez nous, un ouvrier qualifié ayant 2 à 3 ans d'expérience doit toucher dans les 1 500 euros. En moyenne, les ouvriers en boucherie charcuterie sont mieux payés par exemple que dans le bâtiment. Je le redis, un ouvrier qualifié en boucherie charcuterie n'a aucun mal à trouver du travail aujourd'hui".

Du concret.

"Ce qui est intéressant, précise Yannick Dubois, responsable de l'antenne de la mission locale de Castelnaudary qui a co-organisé la manifestation avec Pôle Emploi et la CCI, c'est que, lors de cette réunion d'information sur l'apprentissage, les jeunes peuvent discuter en direct avec les chefs d'entreprise, de façon à ce qu'on puisse leur parler concrètement d'un métier. Ce que nous craignons, c'est que les jeunes soient frustrés en repartant, en se disant "Je n'ai toujours rien". Ces rencontres ont au moins le mérite de montrer que nous sommes présents, que nous sommes à leur écoute".

Une cession de même type avait eu lieu en février. Les organisateurs reconnaissent qu'ils ont du mal à en quantifier le résultat. A la suite de la cession de février, un jeune a trouvé un emploi. Il s'est engagé dans l'armée.

La volonté.

A l'issue de la proposition de Laurent Spanghero qui venait clore les différentes interventions des chefs d'entreprise, un candidat s'est porté volontaire, sans détour, tandis qu'un second réservait sa réponse à lundi (NDLR : aujourd'hui). "Si, avec 1 300 chômeurs, on ne peut pas trouver une quinzaine de candidats, c'est la fin de tout, s'exclame l'ancien rugbyman. Je leur ai dit : "Si vous avez la volonté, tout ira bien. Sinon, ce n'est pas la peine". Moi, ça me fait mal au ventre de voir ces jeunes désoeuvrés. Vous leur demandez ce qu'ils savent faire et ils vous disent : "Rien". Ça, ça ne va pas, on ne peut pas rester comme ça".

Auteur : J.-C. S.

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